À méditer...
Les professeurs
des écoles sont en général «mécontents» de la mise en œuvre de la
réforme des rythmes scolaires, selon une enquête publiée mercredi par leur
premier syndicat, le Snuipp-FSU, qui demande la suspension de la généralisation
de la réforme et une réécriture du décret. La réforme des rythmes, qui marque
le retour à la semaine de 4,5 jours en primaire, est effective depuis cinq
mois dans 17% des communes et doit s’appliquer partout ailleurs à la
rentrée 2014.
Le Snuiipp-FSU a
lancé un questionnaire et analysé les réponses de 3 568 enseignants
dont l’école applique la semaine de 4,5 jours depuis septembre 2013,
et celles de 3 906 écoles parmi les 39 000 qui doivent
l’appliquer à la rentrée 2014.
Le syndicat en a
tiré un «contre-rapport», en réponse à un rapport du comité de suivi
de la réforme (dans lequel le Snuipp-FSU est représenté) qui stipule que les
acteurs des communes pionnières «expriment le plus souvent leur
satisfaction et un large accord sur l’intérêt de la réforme».
«Nous ne partageons pas la vision angélique du
rapport», a déclaré Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp-FSU, lors
d’une conférence de presse. Selon le syndicat, 75% des enseignants estiment que
leurs conditions de travail se sont dégradées, et 84% que le conseil d’école
n’a pas été consulté sur la construction de l’emploi du temps de la semaine.
«Sentiment de gâchis»
Parmi les griefs
: «partage non concerté des salles de classe» avec les animateurs des
activités périscolaires, «multiplication des réunions pour réguler les
transitions périscolaires» sur leur temps personnel, temps de concertation
entre enseignants déplacés au mercredi après-midi ou en soirée… Seuls 22% des
répondants voient une amélioration pour l’apprentissage des élèves.
«Une bonne
réforme est celle qui s’appuie sur ceux qui sont amenés à la mettre en musique,
ce n’est pas toujours le cas», a estimé Sébastien Sihr. Même s’il y a des
réussites, un «sentiment de gâchis prédomine», selon le syndicat, pour
lequel «les leçons de 2013 n’ont pas été tirées» pour 2014. Il
demande la suspension de la généralisation de la réforme à la rentrée 2014
et «une réécriture totale du décret», avec la possibilité de
dérogations comme deux mercredis sur trois travaillés, «4 jours avec
rattrapage sur les vacances d’été» ou «5 jours avec un nombre
d’heures identiques».
Voici d’autres commentaires tout aussi édifiants…
Le ministre veut imposer au
forceps une réforme que personne ne souhaite : je ne l’appliquerai pas et
j’attends que le ministre me force à le faire !» a dit le député-maire de
Maisons-Alfort (Val-de-Marne), Michel Herbillon.
«Le
ministère ne veut pas nous recevoir, a déclaré le représentant FO Luc
Benizan, sous les sifflets et les huées des manifestants. Mais, tant que
les élus refuseront d’appliquer le décret sur la réforme des rythmes scolaires,
ce sera compliqué pour le ministre, alors nous continuerons à faire cohésion
avec les élus, les enseignants et les parents», a-t-il poursuivi.
«Ma commune
n’aura pas les moyens de mettre en place des activités périscolaires. On va
remplacer du temps d’école par du temps de garderie, et c’est censé aider les
élèves en échec scolaire», a déploré Régine Barrière, parent d’élèves FCPE
de Champigny-sur-Marne.
«S’il doit y
avoir une réforme pour améliorer les résultats, c’est celle d’un allégement des
programmes, pas des rythmes», a estimé Fadila Meziane, enseignante en zone
d’éducation prioritaire (ZEP) à Ivry.
Pour aller plus loin, lisez cette page :
http://www.liberation.fr/societe/2014/02/12/rythmes-scolaires-les-instits-mecontents-de-la-reforme_979722
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